Les Plumes Chez Émilie 01.21

Petit jeu d’écriture proposé par Emilie Berd.

Pour cette première semaine de Plumes de cette année 2021, le thème proposé est le suivant : NU

D’après une collecte de mots : DÉCOUVERTE – BLANC – VIDE – CONFIANCE – CROQUER- NATUREL – GRAND – MÉTAL – DÉVOILER – CULOTTE – TÊTE – FROID – FOYER – FUSIONNER

Image trouvée sur Pinterest

Il était arrivé en avance pour pouvoir choisir la meilleure place. Effectivement, la pièce était vide et tout en évaluant la lumière naturelle qui pénétrait par la grande verrière, il installa son chevalet à bonne distance du foyer où une grosse bûche rougeoyait déjà. Il ouvrit alors sa vieille boite en métal pour en extraire un bâton de fusain et une gomme mie de pain qu’il se mit à malaxer nerveusement.

Au centre de la pièce un drap blanc jonchait une estrade de bois où un chat ronronnait au milieu de coussins écarlates.

D’autres étudiants entrèrent dans la pièce, bousculant bruyamment trépieds et toiles, échangeant des flots de paroles inaudibles. Ils étaient tous là un peu fébriles, dans l’attente de la découverte du modèle choisi par le Maître. Ils lui faisaient tous confiance. C’était le plus grand, le plus talentueux et les filles qu’il ramenait à l’atelier n’étaient jamais décevantes.

C’est alors qu’elle arriva silencieusement, traversa nonchalamment la horde, les cheveux naturellement relevés sur la nuque, effleurant du bout des doigts les pans de son vêtement. Elle ne devait pas dépasser les 15 ans. Elle paraissait si fragile tant son corps menu semblait perdu dans un peignoir trop grand pour elle.

Ils allaient avoir peu de temps pour la croquer et il leur fallait devoir garder la tête froide quand elle allait dévoiler son corps juvénile.

Elle avança jusqu’à l’estrade, frôlant le chat sur son passage, laissant glisser subtilement sa robe de chambre sur ses épaules. Le silence se fit immédiatement dans l’assemblée et c’est alors que leurs regards se croisèrent.

Le jeune homme se sentit gêné. Tout en continuant à le fixer, elle jeta sa culotte au sol avec désinvolture. Devant son intimité dévoilée, il crût se retrouver seul avec elle, malgré les gloussements du reste des artistes et son cœur lui donna soudainement cette impression d’avoir fusionné devant tant de grâce.

Je ne teul’fais pas dire !

Âmes sensibles s’abstenir…

Trame piquée chez Mahie… Si ça vous dit…

Je commence par cette chanson « Billie » de M et sa fille du même nom, qui invite l’émotion dans mes yeux… Elle me touche terriblement cette chanson.

« Tu sais que je suis là
Tu sais mon cœur te pardonne »

Aujourd’hui je me sens : Spleen… C’est terrible, un verre de Bourgogne associé à la chanson ci dessus et j’ai les larmes qui s’invitent. Trop sensible Marla… Ceux qui me suivaient avant le savent déjà… Je l’écoute fort fort fort, et ça m’en met plein les oreilles, je danse dans mon salon et Newton se questionne… Pauv’ loulou…

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : Je suis allée faire des courses, avec mon autorisation de sortie et mon masque bleu… Ça devient une routine… Alors je pense que la première personne à qui j’ai parlé devait être la gentille caissière du supermarché… je me souviens, on a parlé bœuf bourguignon (c’est mon repas prévu pour demain).

J’ai été super contente de : pouvoir marcher pendant 2h30 dans les champs et les bois cet après-midi… Sauf que là, tout de suite j’ai des douleurs abominables à mon tendon d’Achille.

Au bord de la Natouze, au milieu d’un pré à vaches…

Ça m’a franchement énervée de : Cette semaine j’ai dû programmer le déménagement d’un de mes deux ateliers en un seul… Bref, fait ch… Faire tenir deux lieux dans un seul… mais je sais que je vais y arriver…

Quelques aménagements pour que tout tienne… Arrachage de tables et pose d’étagères…

Ma conversation/situation surréaliste de la semaine :

– « Bonjour ! C’est vous l’art thérapeute ? Je viens enlever vos tables ?

– Mais ! J’ai des patients là !

– Ben oui, mais c’est marqué là ! »

J’ai vraiment cru que le type allait nous embarquer avec les chaises et les tables…

Je suis grognon : j’avais oublié que le vin rouge accentuait la déprime chez moi… trop tard !

Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de/que : Je me persuade que plus jamais un homme ne me dira « Je t’aime », que plus jamais un regard de désir se posera sur moi… Désolée, je divague ce soir…

C’est exquis de : l’effet de l’alcool qui m’envahit.

Ça me rend extatique : La musique que j’écoute en boucle, y a plein de percus et ça me donne envie de danser… Tu viens ?

En ce moment je lis : J’essaie d’acheter les revues de Noël genre Marie-Claire idées, Prima…, juste pour le plaisir d’avoir des paillettes dans la tête. J’ai besoin de me reconnecter à de la joie, des rires et des futilités !

Je dis « respect » à : Ceux qui y croient encore.

Je ne résiste pas à : Je vous assure que je lutte… si si !

J’vais t’dire une bonne chose : Il me font tous ch…

Dans ma bagnole je n’ai besoin de personne et j’écoute à fond : J’écoute « France Info », mais je crois bien que je vais reconnecter ma clé usb dès lundi !

Je reste une inconditionnelle de Zazie.

La pensée hautement philosophique de la semaine : « Dis moi que tu m’aimes ! »

Je me taperais bien : Vous l’avez déjà compris, ce soir c’est un Mâcon Azé 2019 sans prétention mais fruité !

J’ai été raisonnable : Je ne le serai jamais !

Cette semaine pour la première fois j’ai : Je ne vois pas …

C’est bien la dernière fois que je : Je devrais me lâcher (de cette manière) un peu plus souvent en fait !

L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : En Saône et Loire, la Covid ne recule pas (encore)…

Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : Pouvoir me lover entre les bras d’un amoureux… mais c’est trop demandé.

Un peu mon ange gardien…

Bon…. Pas d’inquiétude, ça va me passer… Mais y a des soirées comme ça… Suis juste un peu fatiguée usée…

Surtout, continuez à prendre soin de vous hein !

LE PETIT MONDE DE MARLA

Cette semaine, c’est relâche. J’ai le droit de me lever plus tard, même si mon horloge biologique s’est coincée sur mon horaire de lever quand je bosse, du coup suis levée à 6h du matin. En été, j’aime bien, je prends mon thé sur la terrasse, regarde les fleurs, les arrose… Mais là, je ne sais pas si vous avez remarqué, il fait nuit noir et froid…

Si mon horloge est restée coincée, celle de Capsule s’est calée sur l’arrivée de l’automne. Et après 48 h de pluie ininterrompue, il semble s’être décidé à occuper ses appartement d’hiver de jour, comme de nuit !

D’ailleurs vous pourrez constater qu’il investit même la cuisine ! Terrain de jeu strictement interdit habituellement ! Ben là, il me prouve le contraire…

Un poulet mort, c’est toujours intéressant !

Je vous disais donc que j’étais en congés cette semaine et qu’après la pluie, vient le beau temps ! (*Même si dès demain la pluie revient !)

Hier après-midi, je suis allée ramasser des noix avec Newton…

Cool la vie de chien, pendant que je courbais l’échine pour fouiller dans les herbes, le cabot s’est allongé tranquillou, les noix à portée de crocs !

Vous êtes en train de vous dire que je « gagatte » avec mes poilus et vous avez sans doute raison… J’assume ce partage plus harmonieux que pas, avec eux.

J’en reviens à mes noix. Ma collecte d’hier en image…

Voilà de quoi avoir une réserve perso et à partager ! Faut dire que j’y suis retournée ce matin… Histoire d’en offrir à ma fille (je vais la voir dans 15 jours) et à une amie chez qui je vais déjeuner tout à l’heure.

Pour vous, qui passez par là et avez pris le temps de parcourir mon billet, je vous offre le lever du soleil sur la brume ce matin.

Moi, ça me fait chavirer le cœur à chaque fois que je le vois ! Et vous ?

  • Newton est tenu en laisse pour cause de chasseurs dans les coins… Sans parler de la présence d’un gros sanglier qui a blessé 4 chiens de chasse le week-end dernier… C’est qu’on vit dangereusement ma pauv’Dame !

Continuez à prendre soin de vous les amis !

Le Petit Monde de Marla

Cette fois, c’est certain, les vacances sont terminées… Je viens de les achever par une semaine pleine d’aventures. Bon ce ne sont pas Les aventures de Mike Horn ou Calamity Jane, juste les miennes !

Tout à commencé lundi dernier par une arrivée chez Lutine, son amoureux et son petit Tom…

Comme seul, Gotham a signé l’autorisation du droit à l’image… C’est lui qui ouvre la danse !

Après quelques « gazou-gazou » à Tom, « blabla » avec Lutine et rien avec son amoureux qui travaillait déjà, je me suis décidée à faire la vaisselle du repas de midi… Et là, ce fut le mini drame !

Un verre m’a attaqué alors même que j’essayais de le laver… D’emblée, j’ai bien vu que la plaie était proche du gouffre, mais je suis quand même allée demander l’avis à la pharmacienne du quartier…

– Ohhhh ! Mais il faut aller à la clinique de l’Yvette !

– (Moi dans ma têteMais c’est qui cette Yvette ?)

– C’est la clinique de la main ! A Longjumeau !

– Et c’est loin Longjumeau ? Je peux y aller à pieds ?

– Ben non, en auto !

Au final, ça c’est pas mal goupillé… J’ai attendu à peine une heure, j’ai eu droit à 4 points de suture, un joli pansement et l’interdiction de faire la vaisselle, de donner le bain à Tom et 2/3 autres bricoles pendant quelques jours…

Après ma visite « mamiesque », j’avais prévu de faire un petit crochet par Chartres… Depuis le temps que je dis que je vais finir au couvent, ça été limite de chez limite ! Ça c’est m̶a̶ ̶c̶e̶l̶l̶u̶l̶e̶ ma chambre…

En fait, j’ai cherché le jardinier, pour prendre ma décision finale, et je ne l’ai pas trouvé !

Du coup, je suis allée noyer mon chagrin… En tête à tête avec moi même…

J’ai même frôlé le suicide avec mon dessert… Une tuerie !

C’est le plaisir des vacances…

Avant de penser au suicide culinaire, j’ai trompé mon désarroi dans les rues de Chartres…

Et la nuit porte conseil…

Finalement le lendemain matin, j’ai décidé de continuer mon périple…

Un dernier coucou à la superbe cathédrale… Et bonjour « la Maison Picassiette » construite par Raymond Isidore durant toute sa vie… (Je vous ferai un billet spécial pour l’occasion)

Pour terminer mon aventure, je suis passée par le grenier à blé de la France. Et évidement je me suis perdue… (Mon GPS ayant décidé à la sortie de Chartres de ne plus vouloir rien indiquer sur l’écran…)

Après avoir traversé une foultitude de villages se terminant par « ville », sans même croiser un poste à essence ou un lieu pour me sustenter… (A préciser que je n’avais plus que 150 kilomètres disponibles indiqués au compteur, et que j’étais totalement perdue au milieu des blés coupés…) Çà fout un peu les j’chtons !

Par miracle, j’ai trouvé, telle une apparition au milieu de nul part, un moulin à « Machinville » !

Et bien voilà qui ma requinquée ! Et j’ai retrouvé ma route au bout de quelques kilomètres… Elle est pas belle la vie ?

Bon, aujourd’hui, je suis rentrée au nid, j’ai récupéré Newton et Capsule et il ne me reste plus qu’à trouver une gentille collègue pour m’enlever ces foutus points sur mon pouce d’ici mercredi !

Les plumes 15.20

Atelier d’écriture proposé par : Emilie Bert

D’après une collecte de mots sur le thème « boite » : Pandore – Béquille – Nuit – Cadeau – Secret – Sucre – Carton – Ouvrir – Oppresser – Outil.

Tu sucres ?

Le paquet était posé à proximité sur ma table de nuit parce qu’il savait qu’à ce jour, mes béquilles ne me seraient plus d’aucun secours et que je resterai rivée à mon lit, le restant de ma vie.

Il avait choisi un joli carton bleu sur lequel il avait collé de petites étoiles irisées comme l’aurait fait un enfant. Son secret aurait pu être bien gardé, s’il n’avait pas renversé la boite à outils dont le vacarme m’avait extirpée de ma torpeur.

J’avais bien remarqué ce regard humide, donnant à ses yeux bleus délavés, comme un dernier éclat de vie. Quand il a précisé que c’était un cadeau juste pour Moi et qu’il m’appartenait de l’accepter ou non, et qu’il a ajouté qu’une fois la boite de pandore ouverte, je risquais de ne plus pouvoir faire machine arrière. Je compris parfaitement son message.

Avant de me quitter, il déposa sa grosse main rugueuse et fripée sur mes doigts fragiles et glacés, une manière de me donner du courage. Puis, silencieusement, il referma la porte de la chambre sur son passage.

Comme il l’avait annoncé, j’hésitais un peu avant d’ouvrir le couvercle. De mes doigts tremblants, je le poussais et il tomba mollement sur la moquette.

Tout au fond de la boite, se trouvait déposé sur un papier de soi froissé, un petit carré de sucre.

Fébrile, je m’en saisis et le porta à mes lèvres.

C’est à peine si je perçu l’amertume du cyanure habilement camouflée par la douceur du sucre, mais par contre, le souvenir de mon cœur soudainement oppressé me suivra jusque dans l’au-delà !

Psy-chose…

Sans en savoir la cause

J’me sens un peu toute chose

Sans doute un peu morose

Entre névrose

Et ménopause

A croire que ça s’impose.

Un peu d’arthrose

D’aponévrose

D’ecchymoses

Tout ça m’indispose !

Bien que j’ai eu ma dose

Pour une métamorphose

Avant qu’j’me décompose

Un peu d’repos s’impose

Sur un grandiose

Tapis d’roses.

Les plumes 11.20

Atelier d’écriture proposé par : Emilie Bert

Voici la collecte (à laquelle je n’ai pas participé) sur le thème : JEUX

RÔLE(S) – VIOLON(S) – SUBTIL(E) – JETON(S) – CHANCE(S) – AHURI(E) – DÉPENSER – MANIGANCE(S) – GRATTER – SÉDUCTION(S) – SUSPENS – SOUDOYER – MISTIGRI (optionnel)

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Dans le milieu, on m’appelle « Miss Tigri », parce que la nuit tous les chats sont gris… Je suis la reine de la manigance, avec un subtil jeu de séduction, je joue mon rôle à la perfection. Regard enjôleur, sourire coquin, tétons pointés et croupe chaleureuse, je leur fais dépenser sans compter, leur soudoie jusqu’au numéro de carte bancaire de leur femme, de leur mère, de leur grand-mère !

On m’appelle « Miss Tigri », Déesse de la nuit. Sans sortir les violons, je leur fais grincer des dents quand la chance leur sourit, balançant leurs jetons sur le tapis vert. Suspens « passe, impair et manque  » !

Ils m’appellent « Miss Tigri » ces ahuris ! Je leur gratte les fonds de poches, leur suce la moelle avant de les achever. Ils s’en retournent chez eux, l’air penaud, la queue entre les jambes, honteux, réfléchissant au mensonge qui pourrait peut-être encore sauver leur couple…

Les Plumes 5.20

Atelier d’écriture proposé par : Emilie Bert

D’après une collecte de mots sur le thème « Abri » : Sécurité – Jardin – créativité – Nichoir – Cocooner – Kot (mot facultatif car Belge) – protéger – Courir – Claquemurer – Cabane – Pensée – Bras – Bon –

Le refuge

Quand ses pensées allaient trop loin, quand sa créativité ne suffisait plus à l’apaiser, quand elle ne se sentait plus assez en sécurité, elle partait se protéger dans la cabane en bois, accrochée au vieux chêne. On la voyait courir en chemise à travers le jardin, pour se claquemurer durant des heures en haut de l’arbre. Rien ni personne d’autre que ce lieu n’arrivait à la calmer.

Quand enfin, elle se décidait à refaire surface, il s’était bien passé deux bons jours. Sa chevelure était emmêlée, ses joues griffées et salies, son regard vide et on pouvait voir des scarifications le long de ses cuisses.

Ma mère pouvait alors la prendre entre ses bras, la cocooner en lui donnant un bain chaud et lui préparant des mets sucrés. Le médecin venait à son chevet et on nous demandait de faire le plus grand silence.

Dès la construction de cet abri, j’avais compris que mon père avait pensé à un refuge pour elle, un lieu où elle pourrait atténuer ses souffrances durant ses terribles crises.

Les plumes 4.20

Atelier d’écriture proposé par : Emilie Bert

D’après une collecte de mots sur le thème « Inconnu » :

Insomnie – Invisibilité – Peur – Invalide – Réflexion – Foule – Équation – Oublier – Curiosité – Boule – Train – Tunnel – Attendre.

Je vais bien, ne t’en fais pas…

Je n’ai jamais compris pourquoi, une nuit pas comme une autre, tu t’es décidé à prendre ce train. Un billet sans retour qui t’a poussé à traverser seul, sans réflexion aucune, ce fameux tunnel.

Moi, j’étais là sur le quai, à attendre avec cette boule au ventre, murmurant quelques mots inaudibles, ma manière d’essayer de résoudre cette équation sans solution, ma façon de lutter contre mes peurs.

La mort t’a juste enveloppé dans sa cape d’invisibilité, elle t’a emporté sans rien nous demander.

Quelques jours plus tard, nous étions foule à vouloir te rendre un dernier hommage. Nous étions là, comme invalides, incapables de réagir devant l’inéluctable.

Je m’étais promis de ne jamais oublier… Mais comment oublier…

Ces nuits d’insomnie, tu me rends parfois visite. Tu es là, tout près de moi, cette curiosité dans le regard, à te demander ce qu’il est advenu de moi…