Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : régulier – interprétation – indicible – méandres – souvenir – aventure – projet – zézayer – soupir

C’est un petit projet
Mijoté en secret
Qui me fait revenir
Tout plein de souvenirs
D’abord un cœur qui bat
Qui met le branle-bas
Émotion indicible
Avec larmes possibles
C’est neuf mois d’aventure
Pour une progéniture
Une multiplication
Sans interprétation
Pour la célébration
D’une divination
Il va falloir attendre
Contourner les méandres
Un suivi régulier
Et ne rien oublier
Collection de soupirs
Avant de pouvoir rire
Et ne pas zézayer
Devant son arrivée
.

Des mots, une histoire : récolte 27

Sur une proposition de jeu d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : invalide- dualité – espoir – rencontre – kangourou – étincelle – pique-assiette – vestiges – défi

Ce soir là, nous avions tous bien bu, bien fumé, et après avoir consumé nos ardeurs avec une rencontre d’une nuit, nous avions décidé de terminer la soirée chez une vague connaissance qui allait probablement nous coller l’étiquette de pique-assiette de l’année.

Sur le chemin, je ne sais pas lequel d’entre nous a lancé ce défi stupide de traverser le Boulevard des Invalides les yeux bandés, en faisant des bons de kangourou, mais aucun de nous ne fit appel à cette notion interne de bien et de mal, toute dualité étant anesthésiée par nos consommations excessives des dernières heures.

Nous tenant par la main, nous entamions donc notre traversée, sans même tenir compte de la circulation clairsemée certes, mais existante.

Aucun de nous n’eut cette étincelle de raison qui nous aurait stoppée net dans notre élan. Nous n’avons pas fait appel non plus, à cette note d’espoir d’arriver entier sur l’autre rive.

Nous étions jeunes, fous, désinhibés, hors réalité et Invincibles !

L’agent de régulation de nuit, chargé de récupérer les Vélib’ abandonnés, distingua à peine nos silhouette avant de nous faucher avec sa camionnette.

Quand les secours arrivèrent, ils se confrontèrent aux vestiges d’une jeunesse désœuvrée, blasée, désabusée et surtout sans vie.

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : impromptu – anis – squelette – rebondir – renaissance – vide (- retard)

J’avais passé une nuit agité et c’est probablement ce qui pouvait expliquer ma panne de réveil. Mais là, j’étais franchement très très en retard. J’étais en plein exercice d’équilibriste, une tasse de café dans une main, une chaussure dans l’autre, quand la sonnette se mit à retentir. Un sursaut et la catastrophe inévitable arriva. Je me retrouvais, mon chemisier de soie recouvert du liquide brunâtre encore fumant qui s’était échappé de sa tasse. Agacée, j’ouvris la porte, prête à incendier l’intrus qui osait s’inviter dans mon timing !

Et à nouveau, ce fût un choc, second sursaut du matin. Ta visite impromptue tombait plus que mal, bien que je rêvais depuis des semaines de cet instant fatidique où tu sonnerais à ma porte. Notre dernier rendez-vous avait tourné au pugilat verbal et j’étais quasi certaine de t’avoir perdu à jamais.

Instantanément, une violente douleur me fit l’impression qu’on me déchirait la poitrine.

Je me souviens juste de ton regard inquiet, de l’odeur du bonbon à l’anis que tu devais suçoter et de ces mots :  » Ça va pas ? T’es toute pâle ! » Mon corps semblait soudainement s’être comme débarrassé de son squelette et je m’écroulais au sol comme une vulgaire poupée de chiffon. Puis ce fût le vide, le noir, le black-out…

Bang… Ban… Bang…

J’eus cette impression d’une balle qui rebondissait à l’intérieur de mon crâne. Quelqu’un allait-il faire cesser ce bruit insupportable ? Avec toute la volonté du monde, j’avais du mal à ouvrir les yeux et mes lèvres étaient si sèches que j’eus l’impression qu’elle craqueraient au premier son émis. Je distinguais à peine une silhouette blanche qui se présenta comme l’interne du service de médecine alors qu’elle me passait un stéthoscope glacée sur la poitrine. Elle m’expliqua que tout allait bien maintenant, que j’avais fait une grosse alerte cardiaque et que heureusement mon ami m’avait sauvé la vie en me prodiguant les gestes d’urgence. Grasse à son massage cardiaque, j’étais aujourd’hui tirée d’affaire et je lui devais donc ma renaissance.

Je te cherchais du regard, espérant croiser ton regard bienveillant, en vain…

Des mots, une histoire…

Sur une proposition d’écriture faite par Olivia

Les mots récoltés : étoile – complaisance – football – perspectives – novembre – passion – poupon

Quand je vois mon reflet dans le miroir, je me souviens des propos de ma sœur, qui, une fois qu’elle avait déposé du fard sur mes yeux et du rose sur mes lèvres, s’écriait toute excitée : « Comme tu es belle !

Elle avait compris, bien avant mes parents ce besoin et ce ravissement que je ressentais au milieu des frous-frous et du maquillage. Dans nos jeux d’enfants, elle trouvait naturel que je joue toujours le rôle de « maman », juchée sur des talons et papillonnant des cils derrière un éventail.

Je me souviens aussi du jour de mes 9 ans, où mon père, dans une crise hystérique, m’avait traîné violemment au club de football du village, espérant me faire passer ma passion pour les poupons.

A l’adolescence, mes parents n’avaient pas envisagé d’autres perspectives que celle de me faire interner en psychiatrie, pour selon eux, soigner « Ma petit déviance ».

Je revois le regard de ma sœur, plein de complaisance, quand à 18 ans, j’ai claqué définitivement la porte de la maison familiale, ne supportant plus les sarcasmes et l’air de dégoût de mon père.

Ce mois de novembre, allait devenir le mois de la transformation, Ma transformation.

Quand je vois mon reflet dans ce miroir, j’ai des frissons de bonheur et des étoiles plein les yeux devant celle qui peut enfin accepter de se dire « Comme tu es belle ! »

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’Olivia

Les mots récoltés : tapis – parking – araignée – avalanche – port – bouteille – bulle – préférence

J’avais vraiment eu du nez quand j’avais récupéré ce vieux tapis abandonné près des poubelles sur le parking d’Auchan. Grace à lui, j’avais pu isoler mon couchage du sol, qui, avec les pluies d’automne devenait de plus en plus en humide. Ma préférence aurait été de trouver un matelas, mais comme me disait ma grand-mère  » A bonne fortune, bon cœur ! »

J’avais l’impression d’être dans ma bulle. Oh, ce n’était qu’une simple tente igloo bien défraîchie, mais en comparaison à la voute céleste, c’était le Paradis ! Elle me protégeait des intempéries, des voyeurs et de ces horribles « araignées mangeuses d’hommes ».

J’avais aussi récupéré une vieille bâche qu’un pêcheur du port m’avait cédé contre quelques faveurs. j’avais accepté, après avoir englouti quelques bouteilles de bière, l’avalanche de grossièretés qu’il scandait pendant qu’il me besognait violemment.

Aujourd’hui, j’étais en vie, presque au chaud, et peu importe le prix à payer pour ce qui me paraissait être un luxe.

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’Olivia

Les mots récoltés : poule – talon – chapeau – grillage – imperméable – absence – émerveillement – obscurité

Quand il parle d’Elle, il dit qu’Elle est « sa sentinelle ». Faut dire qu’Elle en tape du talon, au delà des vignes et des collines.

En été, Elle porte toujours un grand chapeau de paille pour se protéger des rayons du soleil aussi tranchants que la lame d’un couteau.

A l’automne, c’est son chien qu’Elle affuble d’un petit imperméable jaune fluorescent, espérant ainsi aiguiser le regard fatigué des chasseurs à cran et leur épargner ainsi quelques plombs perdus…

Elle s’est fabriquée une sorte de bourriche avec du grillage à poules pour y déposer ses trésors ramassés au fil des saisons. Ça peut-être tantôt des escargots, tantôt des noix ou des champignons, ou de jolis cailloux glanés ça et là.

Elle aime le tenir au courant de ses dernières découvertes : de ce terrier à nouveau habité par deux jeunes renardeaux et leur mère, de l’absence cette année de la pyrale du buis, des confitures de mûres qu’elle ne fera pas, parce que « Le Paul » a passé la débroussailleuse sur chacune de ses haies, de son émerveillement devant l’explosion de la nature au printemps ! L’obscurité ne lui fait pas peur. Elle sait parler aux oiseaux de nuit, replacer les étoiles dans un ciel sans lune, écouter le chant des amours des grenouilles au dessus des eaux…

Quand il parle d’Elle, il dit qu’Elle est « sa sentinelle »…

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’Olivia

Les mots récoltés : souvent – ordre – soupçonneux – gazette – espoir – bulle – particulier – faille

Ce qu’elle avait lu dans la gazette ce matin ne pouvait que la rendre encore plus soupçonneuse. En fait, il n’y avait rien à lire si ce n’était que quelques faits divers sans importance. Elle savait que la presse avait comme ordre gouvernemental, de rassurer la population, en particulier depuis que des scientifiques avaient révélé l’existence d’une faille transformante en plein milieu de l’Atlantique ! A vrai dire, d’énormes bulles de gaz toxiques s’en étaient échappées et s’étaient disséminées sur la population du littoral. A cette heure, il n’y avait aucun espoir de retrouver des survivants. Le reste du pays devait son salut aux pluies diluviennes qui s’étaient abattues dans les heures qui avaient suivies le phénomène.

Aujourd’hui, on parlait de tectonique des plaques, de continents qui se chevaucheraient, de séismes à répétitions, de volcans en éruption, de milliers et de milliers de morts… Comme souvent, les Politiques faisaient la sourde oreille, accusant les scientifiques de charlatans extravagants !

Mais moi, je savais que ce silence dans les tabloïds annonçaient surtout une mort programmée de notre humanité.

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’ Olivia

Collecte de mots n°20 : procrastiner – drapeau – ara – boîte – séparément – capharnaüm – taquiner

Procrastiner, procrastiner… Bon, ça suffit ! Au lieu de repousser l’élaboration de mon texte à demain, autant m’y mettre tout de suite non ?

Pour me donner de l’allant, je me verse un petit verre de porto et je sors un paquet de chips !

Séparément, je n’en raffole pas. Mais associés ! Une tuerie ce sucré /salé, à en avoir la langue toute dépapillée ! Crunch crunch, slurp !

Sous la table, le chien taquine le chat, alors qu’au dessus, les chips diminuent plus vite que je n’égraine la liste de mots.

Dans ma tête, c’est un véritable capharnaüm. Les mots s’emmêlent, se chevauchent, se coursent pour enfin exploser en un millier d’autre mots. Et voilà que par la fenêtre, je vois le cantonnier qui décroche les drapeaux mis en berne pour l’occasion. Bon, ça suffit ! Faut vraiment que je me rassemble là ! Je vais plutôt commencer par rassembler ces mots comme le ferait un chien de berger avec son troupeau rebelle. Mais mon regard n’écoute rien et continue à divaguer… ARA ? C’est rigolo, Soène a utilisé ce terme dans un commentaire pas plus tard que ce week-end… Elle me demandait si j’étais en ARA… Mais quésaco ? Région Auvergne- Rhône-Alpes… Mais là, je suppose que Latmospherique évoque le volatile. Et je vais le placer où celui là ? Parce que entre le chien et le chat qui sont déjà à l’affut d’une chute de miette de chips, ils vont n’en faire qu’une bouchée du perroquet !

Bon, cette fois, ça suffit vraiment ! Je vais arrêter mes élucubrations et programmer mon texte dans la boîte pour vendredi !

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Collecte de mots n°19 : Arrosoir – Automne – Trajet – Ancre – Retrouver – Indien – Cascade – Orange – Grisaille.

Cette fois ci, l’automne était bel et bien installé et il lui faudrait trouver un moment pour ranger dans la cabane en bois tout ce qui traînait dans le jardin, avant que la grisaille lui mine le moral.

Son regard se posa sur la tente d’indien qu’avait reçu le petit Jules pour son anniversaire. Elle le revoyait encore avec ses peintures de guerre sur le visage, dansant autour de l’arrosoir pour invoquer la pluie qui s’était toutefois fait attendre tout l’été.

Dans sa tête, retentissaient les rires en cascade du petit qui se sauvait avec Half sur les talons, tenant dans sa gueule cette vieille balle orange toute déchiquetée qu’il affectionnait tant, l’enfant s’inventant des trajets remplis d’obstacles pour permettre à son chien de faire des exercices d’agilité.

Alors qu’elle s’apprêtait à rentrer à la maison, elle fût stoppée nette par une étincelle dans l’herbe sèche. En s’approchant, elle découvrit avec stupeur son petit bracelet argenté perdu aux premières chaleurs, celui avec un cœur, une ancre et une mouette accrochés, celui de ses premières vacances en famille au bord de mer.

Elle était si heureuse de le retrouver là, maintenant. Ce bracelet symbolisait tellement de choses, de ces petits bonheurs fragiles, qui mis bout à bout permettaient de patienter jusqu’à des jours meilleurs.