Des mots, une histoire #41

Sur une proposition de jeu d’écriture proposée par Olivia

Ne m’en voulez pas d’avoir contourné la règle, peut-être que ça me permet de respecter toutes les autres…

Liste des mots imposés : Printemps – Légèreté – Maternel – Manger – Candélabre – Lumière – Casse-couille – Banc – Antisèche – Dévaliser

Ne cherchez pas « antisèche, il n’y est pas ! »

Des mots, une histoire : récolte 40

D’après une proposition de jeu d’écriture proposée par Olivia

Collecte de mots : Berlingot – Repos – Engorger – Rivière – Virus – Bohème – Marmoréen – Aspérité – Vernal.

La vie de bohème n’était pas de tout repos. Affamée, elle avait récupéré un berlingot de lait concentré qui trainait sur la table. Alors qu’elle le portait à sa bouche, elle s’aperçut qu’il était engorgé. Alors qu’elle pressait le tube, elle comprit, en voyant le teint marmoréen de son amie qu’elle venait de faire une énorme bêtise. Des aspérités du tube, jaillit une rivière de virus qui éclaboussa tout son visage. La couleur verdâtre de l’épais liquide était sans équivoque. Si dans les 48 heures, elle sortait en boutons, on pouvait écarter une éruption vernale et certifier avec exactitude une intoxication alimentaire. Il ne lui restait plus qu’à espérer que ce ne soit les seuls symptômes…

Des mots, une histoire : récolte 38

Sur une proposition de jeu d’écriture proposée par Olivia

Les mots imposés : inconnu – restriction – claire – test – transmission – masque – zèle – louvoyer – émerger – arquebuse – pétiller

La théorie du complot

Comment résoudre le problème des retraites ? Tout simplement en laissant émerger un petit virus inconnu de derrière les étals d’un marché chinois. En le faisant pétiller de bouche en bouche, on devrait se débarrasser allègrement d’un bon nombre de 64 ans et plus non ?

Tu tousses ? Tu mouches ? Hop ! Un petit test et tu te retrouves en quarantaine dans un village de vacances, en restriction de tout. De toutes manières, des masques, y en a pas, puisque toutes les usines de fabrication sont en Chine… C’est ballot hein ! Du coup, la transmission de vieux en vieux va mettre une bonne claque à ceux qui font du zèle.

Plus besoin de 49.3, de réforme des retraites et terminée la crise du chômage ! C’est clair comme de l’eau de roche non ?

Moi, je dis qu’il faut arrêter de louvoyer et appeler un chat un chat ! Nos politiques sont tous des vendus !

En attendant, on m’a dit que de boire trois quatre verres d’arquebuse cul-sec, ça freine la contagion ! Hips !

Allez Tchin ! En attendant la fin du monde, on se soigne !

Des mots, une histoire : récolte 37

Sur une proposition de jeu d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés sont : Musique – Cigognes – Arbre – Quarantaine – Hésitation – Envoutement – Copeaux – Sonner.

Cette manie avait commencé quand j’étais enfant et je m’étais souvent fait sonner les cloches quand, au moment du bain, ma mère n’arrivait pas à mettre la main sur la savonnette. Je pouvais lui chantonner toutes sortes de musiques, elle me faisait les gros yeux et filait directement dans le jardin. Elle savait qu’une fois subtilisés, les savons seraient savamment enveloppés et cachés au creux de l’arbre mort.

Pour moi, la texture, l’odeur, la douceur du savon, c’était comme un envoutement, une délectation des sens, un cocon de bonheur… Au fil du temps, j’appris à le transformer avec application.

Voilà bien une quarantaine d’années que j’avais dépassé le statut de la marotte d’enfant, pour un travail d’artisanat d’art, du copeau retiré du bout de l’ongle, à la sculpture élaborée. L’hésitation n’avait plus lieu d’exister d’autant que ma fille, m’avait demandée de sculpter une jolie cigogne en l’honneur de la naissance de son fils…

Des mots, une histoire : récolte 35

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : fruit – ambulance – électricité – meringue – potence – écorce – armoise – innocent – priapisme – douceur – retour

Décidément, Il ne s’habituerait jamais… Voilà 15 ans qu’il était inspecteur de police judiciaire et qu’il était régulièrement appelé sur des scènes de crime ou de suicide.

Ce matin là, il était arrivé avec son équipe sur les lieux, juste avant l’ambulance.

Accroché à une potence, un homme nu, d’ une trentaine d’années, la langue noire, les yeux exorbités, un priapisme évident qui justifiait d’une pendaison certaine, chancelait au bout d’une grosse corde de chanvre.

On leur avait parlé de suicide, mais de toutes évidences, on s’orientait vers un crime crapuleux, d’autant que les experts avaient retrouvé à proximité, des cables encore chargés en électricité. D’après le légiste, le corps présentait de nombreuses brulures qui faisaient penser à des tortures ante-mortem. Après examen, on retrouva des morceaux d’écorces sous les ongles de la victime. Autant de pistes qui orientaient l’affaire sur une origine criminelle. Dans ce genre d’histoire, la victime était souvent loin d’être un innocent. Mais quel était le mobile ?

Il fallait garder les idées claires, savoir observer, prélever, associer…

Sur le chemin du retour, histoire de renouer avec la douceur de la vie, il s’arrêta acheter d’énormes meringues qu’il dégusterait avec son fils pendant que sa mère ingurgiterait sa sacro-sainte tisane d’armoise, qui lui assurerait un sommeil de plomb. Par dépit, il s’y était habitué puisqu’elle avait instauré cette règle juste après la naissance de leur enfant. Ainsi, elle s’évitait toute relation intime avec son mari.

Des mots, une histoire : récolte 34

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : créative – tour – promettre – geste – cheminer – citation – gentillesse – choix – pinceau – page – maroufle – préférence

Après mon geste, on m’a fait promettre de ne jamais recommencer. On m’a dit que je leur avais fait très peur, qu’ils avaient encore besoin de moi… On m’a dit qu’il fallait tourner la page… Et puis, on ne m’ a pas laissé le choix et je me suis retrouvée au milieu d’une quinzaine de personnes toutes aussi livides et déprimées que moi.

Tour à tour, nous avions des entretiens avec des soignants. Ils dégoulinaient tellement de gentillesse que ça en devenait gênant. Écoute, empathie, patience et disponibilité étaient leur fer de lance.

Le psychiatre m’a expliqué que pour avancer, il allait me prescrire des ateliers thérapeutiques et que grâce à eux je ferai mon propre cheminement.

Ma préférence est allée à l’atelier d’art thérapie, une activité qui me paraissait créative et où les pinceaux deviendraient mes alliés.

Ce jour là, je déposais avec force et rage toutes les peines de mon enfance sur une grande toile blanche. Après avoir fait écumer les couleurs, s’invita en moi, le besoin d’y inscrire cette citation de Vladimir Jankélévitch « La violence : une force faible ». Comme pour la fixer à jamais, je la recouvrais de maroufle. Ainsi mes blessures resteraient scellées à jamais, loin de moi.

Des mots, une histoire : récolte 32

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : Hollande ou tulipe – étouffer – image – chanson – nouveauté – destination – voyage – merveille – crisper – sauvage

Avril 2015 – Dans mon jardin d’Éden.

Sur le paquet de bulbes de tulipes, il était soit disant inscrit « Origine de Hollande » comme gage de qualité. Pourtant, moi, je n’en peux plus de tout ce rouge. J’étouffe ! J’ai besoin d’oxygène ! De ces pétales un peu crispés, trop bien rangés, de ce cocon, il faut que je m’échappe ! Il me faut une nouvelle destination ! On m’a parlé de fleurs sauvages qui poussent au printemps, on m’a parlé de collines entièrement recouvertes de merveilles colorées, on m’a parlé du chant des insectes qui bourdonnent librement, on m’a parlé des rayons du soleil qui nous chauffe les ailes. J’ai du mal à en voir une image, alors je chante. Je chante de ces chansons sur le printemps, je chante sur la nature, je chante sur les fleurs. Je chante en attendant mon prochain voyage, je chante dans l’espoir d’un monde de liberté.

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Mots récoltés : flou – caractère – tendresse – burn-out – lâcher – cloche – enguirlander

Quand on demandait à ses proches ce qui lui était arrivé :

– Sa mère donnait une explication très floue, des larmes roulant sur ses joues…

– Son père marmonnait dans sa barbe que de toute manière, il n’avait jamais eu de caractère…

– Son frère, gêné, parlait d’un terrible burn-out…

– Son fils le traitait de pauvre cloche, de la colère plein la voix.

Lui, il vous aurait simplement dit que ce n’était pas la peine de l’enguirlander, que rien n’y faisait, pas même la tendresse prodiguée par son épouse. Sa souffrance était telle, qu’il lui avait fallu y mettre un terme. Il avait juste eu un besoin impérieux de lâcher-prise et il n’avait trouvé que cette issue fatale, se laisser happer par le 886257 qui passait exactement à 06h38 à proximité du village…

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots imposés : influenceur – modeler – insipide – saltimbanque – ombre – harmonie – bousculade – mouiller – se perdre – exploiteur – certitude – folie

L’entretien de l’après-midi s’était plutôt bien déroulé et j’avais accepté l’invitation au restaurant pour conclure avec lui. Mais au fil des heures, le doute s’installait.

Accepter de signer avec cet influenceur, c’était comme accepter de signer un pacte avec le diable. A l’instant où je pris le stylo pour parapher les clauses, j’eus la certitude que j’allais me perdre à jamais. Moi qui rêvais d’une vie de saltimbanque, d’une vie faite d’équilibre et d’harmonie entre le personnel et le professionnel, par une signature, c’en était terminé !

Telle une ombre, il allait me suivre, me coller à la peau, avec cet objectif d’arriver à me modeler à son image afin que je devienne tout autant sinon plus exploiteur que lui. J’allais devenir son bras droit et toute son équipe à l’air insipide allait lui rapporter mes moindres faits et gestes.

Rien que l’idée d’y penser, me donnait cette sensation d’étouffer. Je sentais que je transpirais à en mouiller le dos de ma chemise, mes mains devenait moites à en faire glisser le stylo.

Comme pris d’un coup de folie, j’attrapais alors le contrat à pleine main, le froissa et tenta de l’engloutir sans même le mâcher. Une bousculade s’en suivit. Je sentis des mains qui tentaient de s’accrocher, des cris me perforant les oreilles. D’un coup d’épaule, j’arrivais à me dégager et à atteindre la sortie. J’arrivais à m’échapper… De justesse…

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Les mots récoltés : Finistère (facultatif, en principe pas de nom propre) – canard – oxyder – bouteille – claquement – brioches – souvenir – explorer – découverte

Comme tous les dimanches matin, avant que sonne l’angélus, la petite Huguette accrochait un sac rempli de brioches à la poignée oxydée de la porte de la cure.

Comme tous les dimanches matin , avant que sonne l’angélus, Monsieur Le Curé attendait que le claquement des sabots de la fillette s’éloignent, pour récupérer son dû.

Parfois, une bonne bouteille accompagnait les viennoiseries, bouteille qui ne servait jamais comme vin de messe.

Ce dimanche matin là, quelle ne fût pas la surprise de Monsieur Le Curé devant sa découverte… Sur le pallier, se trouvait en plus du sac habituel, un immense panier qui semblait bien garni. Il crût tout d’abord, à des dons de villageois, qui à cette période de l’année, n’hésitaient pas à offrir des édredons en plumes d’oies ou de canards, des vêtements chauds ou d’autres oripeaux pour les nécessiteux de la paroisse.

Ce dimanche matin là, avant que sonne l’angélus, ce furent des pleurs qui s’échappèrent des linges.

Ce dimanche matin là, avant que sonne l’angélus, ce fut un don du ciel que Monsieur Le Curé accueillit avec beaucoup d’émotions.

Pendant des semaines, il battit la campagne, explora de nombreux villages, histoire de retrouver des souvenirs à ce petit être plein de vie. Mais Monsieur Le Curé revint bredouille. De toute évidence, cet enfant n’appartenait à personne et c’est tout naturellement que Monsieur Le curé se décida de l’adopter. Il allait enfin pouvoir réaliser ce rêve, interdit par l’église, pouvoir devenir papa !

Ce dimanche matin là, après que sonne l’angélus, Monsieur Le Curé baptisa le bébé. Et comme il lui fallait donner un nom de famille, c’est spontanément qu’il associa au prénom de Camille, le patronyme de Finistère, en hommage à sa terre natale.