Atelier d’écriture 354 de Bric à Book

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

Pas de thématique interdite .

© Simon Zhu

Vous allez peut-être pouvoir venir à mon secours, parce que à ce jour, je ne sais plus qui je suis…

Figurez-vous qu’il s’est passé un truc étrange le matin du 25 décembre alors que j’ouvrais mes cadeaux de Noël au pied du sapin. Dans l’un des paquets, j’ai trouvé une sorte de roche, qui au contact de mes doigts, est devenue instantanément chaude, scintillante et dorée. J’ai tout de suite pensé à de la kryptonite dorée. Si c’est le cas, je pense que je suis désigné pour être un « Super Anti Héro ». Il est bien connu que la kryptonite dorée a pour effet d’anéantir les supers pouvoirs de Superman ! Ne souriez pas, c’est sérieux comme histoire ! Jusque là, je croyais que Superman existait juste dans mes bouquins, et que je n’avais rien du méchant de service dans les comics. Mais tout à coup, c’est devenu une évidence. On venait de me confier une mission importante.

J’ai donc profité du soir du 31 décembre pour essayer de maîtriser ce don. Ainsi, en me voyant agir, on pourrait toujours croire à des feux d’artifice et pétards de noctambules fêtant la nouvelle année. Je suis donc allé au bord de la rivière pour être plus crédible et en sécurité en cas d’explosion.

Je sentais en moi, une sorte de force maléfique dès que je touchais la pierre. Dans un 1er temps, j’ai réussi à faire des sortes de cercles en faisant virevolter mon bras au dessus de ma tête, mais à plusieurs reprises, mes cheveux ont failli prendre feu. Au début, c’était marrant jusqu’à ce que je m’aperçoive à travers un relent de poissons, que j’avais transformé l’eau de la rivière et ses habitants, en une sorte de friture géante.

Au bout de quelques heures, mes gestes devinrent plus précis et j’arrivais même à contrôler les gerbes qui s’échappaient des cercles devenus parfaits. J’écumais de plaisir.

C’est alors que des sirènes de pompiers retentirent sur le pont au dessus de moi et je dû m’enfuir rapidement tout en essayant d’atténuer la lumière et les pouvoirs de la pierre.

Mais aujourd’hui, je suis confiné dans une chambre dans un Centre Hospitalier en attendant de voir le médecin. Les pompiers ont réussi à m’attraper et le préfet a décidé mon internement sans consentement en unité psychiatrique pour « Atteinte à la sûreté des personnes ou, de façon grave, à l’ordre public ». Je n’aurais sans doute pas dû parler de la kryptonite et de Superman. On me pense dangereux parce que j’ai mis le feu près de la rivière et on pense même que j’ai tenté de m’immoler quand ils ont vu les brûlures sur mon visage, mon crâne et une partie de mon corps.

On m’a confisqué ma pierre dorée, mais je sais que ses pouvoirs sont en moi. Pour l’instant, ils sont en veille. Mais, quand le moment sera venu, ça sera la fin de leur monde et je continuerai ma quête : Trouver et détruire Superman !

Atelier d’écriture 353 : Bric à Book

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

© @ryanstefan

Le thème interdit : l’enfance !

Je dois bien le reconnaitre, depuis deux ou trois jours, je me sens de plus en plus fatiguée, et de la voir subitement virevolter ainsi autour de moi, m’a à peine surprise. J’ai du mal à distinguer ses traits, je devine juste qu’elle est menue et je ne sais même pas comment elle s’appelle. A moins que j’ai oublié.

Tôt ce matin, elle est venue près de moi et a posé sa main fraiche sur mon front brûlant. Elle m’a regardée sans un mot, elle m’a souri chaleureusement et tout de suite je me suis sentie apaisée. Elle me semblait comme « lumineuse ».

Quand elle m’a tenue la main pour me guider à l’extérieur, j’ai été toute interloquée, moi qui avait du mal à dépasser le seuil de ma porte de chambre ! J’ai tout à coup eu une sensation de légèreté inexplicable. Mes douleurs avaient disparu et j’ai presque eu envie d’accélérer le pas pour avancer plus vite. Confiante, voir soulagée, je l’ai suivie les yeux fermés dans son choix…

Ce matin là, Mathilde, aide-soignante à l’ADMR dû faire appel aux pompiers car personne ne répondait à ses sollicitations derrière la porte. Elle ne fût pas surprise de retrouver Jeanne, allongée dans son lit, sans vie. Mathilde remarqua que Jeanne affichait un sourire d’apaisement sur les lèvres. Intérieurement, elle se dit qu’elle la trouvait très digne et belle dans la mort.

Atelier d’écriture 352 : Bric à Book

© Gemma Evans

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

L’aube arrive… Il va me falloir m’effacer avant que les premiers rayons du soleil inondent le hall de l’orangerie. J’ai attendu toute la nuit, mais ils ne sont pas revenus. Depuis leur dernière intrusion dans le château, je suis comme chamboulée. L’un d’eux m’a effleurée sans même sans rendre compte. Mais pour la première fois en plus de 150 ans, j’ai ressenti comme de la chaleur dans ma poitrine. J’ai eu cette impression de vivre ! Est-ce possible ?

Contrairement à d’autres explorateurs, eux, ils étaient précautionneux et respectueux des lieux. Affublés d’étranges petites lampes sur leur front, ils déambulaient dans la bâtisse, photographiant objets, tentures, tableaux et s’attardant sur la béance due à ce terrible incendie. Incendie qui avait détruit une partie des communs, les 3/4 du premier étage dont la chambre où je reposais. En quelques minutes, les flammes étaient venues à bout de l’avenir d’une jeune femme de 19 ans.

Je ne sais toujours pas pourquoi je suis restée prisonnière de cette frontière entre la vie et la mort, mais j’aimerais tant que cela cesse !

Ils sont revenus plusieurs nuits d’affilée et la dernière fois, j’ai déployé tous les moyens pour communiquer avec eux : claquement de portes, déplacement d’objets, grincements de parquets… Le risque majeur était de les effrayer et de les perdre à jamais, mais j’avais tant besoin de leur « crier » ma rage ! Et puis, j’ai remarqué son regard quand il a croisé le mien sur ce tableau où Manet, un ami de la famille avait peint mon portrait !

Jeune femme blonde aux yeux bleus – Edouard Manet

J’y ai vu de la curiosité, de l’attirance pour cette inconnue brulée vive… J’ai ressenti les questionnements, son besoin d’en savoir plus sur qui j’étais, qui je suis… J’ai remarqué aussi la buée dans ses yeux quand j’ai malencontreusement décroché mon portrait alors qu’ils quittaient les lieux.

Je ne crois pas qu’ils reviendront. Mais je sais que l’urbex est en vogue et que probablement d’autres explorateurs viendront fouiner dans ce manoir. J’espère que certains, moins farouches, s’attarderont et sauront enfin me libérer de l’emprise du temps.

Atelier d’écriture 350 : Bric à Book

@helloschmitt

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

La thématique interdite : la mer.

Le K-way rouge

Je me souviens encore du jour de cette photo… C’était les vacances et nous devions aller visiter Les marais salants de Guérande. Du moins, c’est ce que notre père avait décidé, même si le ciel était plus proche du « Noir Fumisterie » que du bleu outre-mer.

Bref, nous devions donc suivre les consignes vestimentaires qui se résumaient au port de survêtement et K-way obligatoire. Même si la tenue était en adéquation avec le lieu et la météo, pour ma grande sœur alors âgée de 14 ans, c’était la honte du siècle et l’humiliation était totale. « Plutôt mourir que de porter ces infamies ! « .

C’est donc la mort dans l’âme et des larmes plein les yeux, qu’elle nous accompagna pour cette virée.

Je me souviens qu’elle traînait ses baskets autour des bassins et qu’elle ne semblait pas profiter du paysage grandiose qui nous entourait.

Ce jour là, notre père pris un malin plaisir à la rabaisser, encore et encore. Pour ajouter à son humiliation, il décida de photographier les différentes mines boudeuses de ma sœur. La pauvre n’eut comme seule ressource pour échapper à ce piège que de porter toute la journée la capuche de son K-way rouge tentant de camoufler ses émotions et sa honte.

En fin d’après-midi, le ciel se dégagea enfin et il fût décidé d’une balade sur le chemin des douaniers. Ma sœur tenta de s’isoler au bord de la falaise. Alors qu’elle était là, à fixer un point invisible à l’horizon, notre père revint à la charge avec son appareil. Alors qu’il prenait la énième photo, ma sœur exaspérée, hurla et menaça de se jeter du haut de la falaise.

Le regard noir, mon père l’attrapa violemment par le bras et la ramena manu-militari à la voiture.

Je crois qu’à partir de ce jour, le sentiment de haine qui émanait de ma sœur sur le retour, ne l’a plus jamais quittée…

Atelier d’écriture 349 : Bric à Book

@The joy of film

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

Pour cette fois, pas de thématiques interdite !

Affaire classée

C’est alors que je faisais du tri dans les archives de la sous-préfecture, que cette photo s’échappa d’un épais dossier. Derrière, il y avait inscrit 4 matricules et une date : 14 juillet 1935.

Quatre matricules, quatre destins , quatre amies, les mains bientôt nouées par le crime.

Ces quatre jeunes femmes avaient toutes été placées à la même période, à l’Orphelinat Mutualiste vers l’âge de 9/10 ans, pour la raison suivante : Situation dangereuse et malheureuse.

Toutes les quatre avaient eu une enfance violentée et bafouée.

A gauche sur la photo, on y voyait le Matricule 62530, Jeanne la Fatale, accusée du meurtre de sept jeunes hommes âgés de moins de 25 ans, qui avaient tous péri de mort lente par hémorragie suite à une castration. Jeanne avait une soif de vengeance contre tout ce qui portait pénis et qui avait tenté de la séduire. Il était stipulé que les sept victimes portaient un prénom identique, celui d’un oncle de Jeanne.

Punis de la peine capitale, Jeanne fût guillotinée à l’aube du 17 novembre 1936.

A sa gauche, Matricule 62629, se trouve Arlette la Muette. Elle aussi fût accusée de meurtre pour avoir empoisonné son maître d’apprentissage avec de l’arsenic. Elle avait ensuite découpé le corps de la victime pour le cuisiner et le servir en repas à son épouse.

Il est écrit que la criminelle a été abattue le jour de son interpellation par les forces de l’ordre.

Ensuite, vient le Matricule 62280, Hélène la Gangrène, accusée de meurtre et de « maricide ». Alors que son époux la forçait à se prostituer et que sa belle-mère l’incitait à s’alcooliser entre deux passes, Hélène, pour mettre fin à son calvaire, s’était immolée par le feu après avoir poignardé son compagnon. Trois personnes de la belle-famille périrent dans l’incendie en plus de la criminelle.

Enfin, à gauche, Matricule 62836, Betty l’Ange Noir, infirmière de métier, accusée d’avoir empoisonné une trentaine de patients, toutes par injection létale de morphine. Ses motivations ? Elle scandait à tue-tête qu’elle était la fille de Satan !

Elle aussi fût condamnée à mort et exécutée peu de temps avant sa sœur de cœur Jeanne.

Pourtant, sur cette photo, le quidam moyen aurait reconnu quatre jeunes femmes épanouies et joyeuses, de futures bonnes épouses et futures bonnes mères…

Pour les jurés, elles avaient tué à mains nues, utilisé la ruse et la séduction et ils avaient refusé de leur reconnaitre de quelconques troubles psychiatriques. D’ailleurs, cette photo était bien la preuve qu’elles se portaient bien !

Médusée, je rangeais soigneusement la photo dans l’épais dossier que je classais définitivement.

Atelier d’écriture 347 : Bric à Book

@Caroline Hernandez

Proposition d’écriture de Bric à Book à partir de cette photo.

La thématique interdite pour cette photo est : l’enfance

Comme un cadeau…

A bien y réfléchir, je pense qu’elle a toujours fait partie de ma vie. Mais elle était tellement espiègle, légère et frivole, qu’elle devait se fondre au milieu des convives, invités à chacun de mes anniversaires. Elle n’avait pas de visage, pas de taille, pas de consistance. Elle se matérialisait juste par cette joie de vivre, par ses facéties subtiles, par son optimisme face à toute épreuve et son côté totalement imprévisible. Elle avait d’ailleurs cette capacité de disparaitre sans même que personne ne s’en aperçoive.

Je crois que c’est le jour de mes 26 ans que j’ai vraiment réalisé qu’elle était là. C’était donc mon anniversaire et je portais ma petite fille âgée de 10 mois sur mes genoux. Il m’a semblé la voir. Elle était là devant moi, aussi transparente qu’un fantôme. Elle semblait comme s’étioler au fil des âges. Je m’attendais à ce qu’elle file comme une sauvage comme à son habitude. Mais c’est alors que je m’aperçus que son attention était ailleurs. Je n’étais plus son centre d’intérêt, elle venait de le remplacer par mon enfant qui la scrutait comme émerveillée.

L’instant d’après j’eus l’impression de la voir détaller, emportant dans son sillage un bon nombre de mes soucis. Il me semble encore entendre son rire cristallin qui tintinnabule à mes oreilles.

C’est à mon dernier anniversaire que j’ai enfin compris…

Comme toujours, nous étions nombreux. A mes côtés se trouvaient ma fille et son bébé. Quand elle arriva, à nouveau je remarquais son regard comme fasciné par celui du nouveau né, qui à son tour lui souriait en babillant. Ainsi, la roue continuait à tourner.

Intérieurement, je sus enfin la nommer. Elle est cette indolence, ce laisser-aller qui nous habite jusqu’à une certaine prise de conscience, jusqu’à l’acquisition de la maturité : l’Insouciance.

Atelier d’écriture 346 : Bric à Book

1ère participation à cet atelier d’écriture, d’après une consigne trouvée chez Bric à Book

Depuis quelques minutes déjà, je ressentais comme une oppression, sans comprendre la cause de mon malaise. Mes mains étaient moites et j’en avais des sueurs froides. C’est alors que nos regards se croisèrent.

Derrière ses lunettes à montures plastique, ses pupilles noires me fixaient avec insolence. J’avais l’impression qu’elles me transperçaient. Plus il me toisait, plus j’avais cette sensation de rétrécir. Son insistance commençait à me faire peur. J’étais devenue une proie. C’était comme si tout à coup, je me retrouvais nue au milieu de la foule.

Étrangement, sa silhouette me rappela quelqu’un… Mais cela était totalement impossible, puisque nous l’avions enterré il y a déjà 4 ans.

C’est alors qu’un détail m’interloqua.

L’homme portait d’étranges gants blancs.

A cet instant précis, je sus que j’allais mourir.