110ème jour de détention…

Aujourd’hui, 110ème jour et dernier jour de détention…
110 jours de mise au repos forcé. Suis bête, vous n’étiez pas encore nés quand ça m’est arrivé ! Au début de l’histoire, je devais être en arrêt de travail pour 3 semaines suite à une intervention en ambulatoire sur mon calcanéum… Au final, le chirurgien a jugé bon de consolider mon tendon d’Achille, et c’est parti pour plus de 3 mois d’arrêt, dont quasi la moitié d’immobilisation sans appui. Et là, tu prends vraiment conscience de ce que tu dis quand tu parles de ton village perdu !

Il m’avait dit « Vous verrez, ça sera du repos, du vrai ! » Ben honnêtement, si je suis sortie 3 fois en 3 mois pour mon plaisir et non pas pour des rendez-vous médicaux, la kiné ou passer au drive (C’est bien la civilisation ! C’est quand même pratique ces drives, quand tu ne peux pas marcher plus de 5 mn avec tes béquilles sans avoir besoin de t’asseoir n’importe où en urgence !)
Bref, surement que quelqu’un s’est enfin décidé à payé la rançon, parce que demain je suis en semi liberté ! Va falloir que je connecte mon cerveau à la vie extérieure et que je retrouve les codes magiques de mon ordinateur de travail si je veux savoir ce qu’il s’est passé en mon absence…

Heuuuu, elle sont rangées où déjà, les clés de mon atelier ?

Des mots, une histoire

Sur une proposition d’écriture d’Olivia

Collecte de mots n°19 : Arrosoir – Automne – Trajet – Ancre – Retrouver – Indien – Cascade – Orange – Grisaille.

Cette fois ci, l’automne était bel et bien installé et il lui faudrait trouver un moment pour ranger dans la cabane en bois tout ce qui traînait dans le jardin, avant que la grisaille lui mine le moral.

Son regard se posa sur la tente d’indien qu’avait reçu le petit Jules pour son anniversaire. Elle le revoyait encore avec ses peintures de guerre sur le visage, dansant autour de l’arrosoir pour invoquer la pluie qui s’était toutefois fait attendre tout l’été.

Dans sa tête, retentissaient les rires en cascade du petit qui se sauvait avec Half sur les talons, tenant dans sa gueule cette vieille balle orange toute déchiquetée qu’il affectionnait tant, l’enfant s’inventant des trajets remplis d’obstacles pour permettre à son chien de faire des exercices d’agilité.

Alors qu’elle s’apprêtait à rentrer à la maison, elle fût stoppée nette par une étincelle dans l’herbe sèche. En s’approchant, elle découvrit avec stupeur son petit bracelet argenté perdu aux premières chaleurs, celui avec un cœur, une ancre et une mouette accrochés, celui de ses premières vacances en famille au bord de mer.

Elle était si heureuse de le retrouver là, maintenant. Ce bracelet symbolisait tellement de choses, de ces petits bonheurs fragiles, qui mis bout à bout permettaient de patienter jusqu’à des jours meilleurs.

Le petit Monde de Marla

« Mon village perdu »
Aquarelle A4

J’ai fait quelques fouilles dans mes cartons à dessins et tadaaaam ! J’ai retrouvé une représentation de « Mon village perdu » de 2017… Évidemment, c’est pas que le « Mien » de village, puisqu’il doit y avoir 133 habitants au dernier recensement. On se le partage ! Et si je le dis perdu, en vrai, il est tout contre la civilisation, à 10 mn en auto.

Le côté sympa, c’est qu’il est entouré de petits chemins pentus qui te mènent au milieu des vignes par ici, ou te perdent dans la forêt par là… Si parfois je peux m’égarer, en fait, je ne me perds jamais, suffit de choisir un chemin qui redescend et tu retombes sur « Mon village perdu ». Il est toujours là, à t’attendre tranquillou.

« Mon village perdu », au creux de la Bourgogne du sud, c’est juste une petite bulle où il y fait bon se ressourcer…

[projet 52-2019] semaine 38 – champignon

Du côté de chez Ma’

Pour la semaine 38, c’est donc le thème champignon !

Et voici ma 1ère participation…

Photos tirées de la nurserie d’un élevage de pleurotes dans ma cuisine… Un cadeau trouvé sous le sapin de Noël. Quelle bonne idée il a eu ce Père Noël ! Sans parler quand les pleurotes ont rejoint quelques œufs pour une délicieuse omelette !

Pour voir les liens des autres participants, c’est par ici !

Chez Ma’

Les Plumes d’Asphodèle

Atelier d’écriture proposé par : Emilie Bert

D’après une collecte de mots sur le thème « Chut ! » :

Silence, bruit, doigt, symphonie, discrétion, calme, moucharder, monacal, miracle et les 3 mots supplémentaires Culte, cri et compromettre.

L’attente

Comme à son habitude, Louise était arrivée très en avance à son rendez-vous d’entretien d’embauche, tout ça parce qu’elle n’aurait jamais supporté une réflexion sur un éventuel retard.

Pour l’occasion, elle avait choisi une tenue quasi monacale. Elle portait une jupe droite en tweed gris, surmontée d’une tunique beige, dépourvue de décolleté. Seule sa petite chaine en or ajoutait une touche de féminité. La paire d’escarpins démodés qu’elle avait aux pieds, commençaient déjà à la faire souffrir et elle rêvait de se défaire de la veste en laine bouillie qui lui grattait la peau à travers le tissu de sa blouse. Elle avait préféré cette tenue plutôt austère à une trop olé-olé qui aurait pu compromettre ses chances d’obtenir le poste convoité.

Après s’être présentée à l’accueil, l’hôtesse, sans même lui adresser un mot, lui pointa une chaise du nez. Louise s’exécuta sans faire un bruit, tout en observant son environnement. Les hauts murs du hall semblaient dépourvus de vie, il faisait froid et Louise se sentait perdue dans un milieu peu agréable. Les minutes s’écoulaient lentement et le silence devint vite pesant d’autant que l’estomac de la jeune femme se mit à entonner une symphonie de borborygmes peu harmonieux. Pour la discrétion, c’était perdu… Louise croisa le regard hostile de la secrétaire par dessus la banque. Elle la sentait prête à moucharder le moindre faux pas à son patron. Louise avait besoin de ce poste et comptait sur un miracle pour l’acquérir. Elle prit sur elle et adressa un sourire d’excuse à son cerbère.

Louise commençait à avoir les mains moites et elle sentait son chemisier lui coller dans le dos. Il n’y avait aucune revue à sa disposition pour faire diversion. C’est alors qu’elle fût prise de ses tocs qui s’invitaient à chaque fois qu’elle s’angoissait.

Elle se mit à éplucher frénétiquement chaque parcelle de sa jupe, à l’affût du moindre petit poil ou cheveu coincé dans le tissu de son vêtement. En moins de deux minutes, elle roulait une boulette de fibres entre son pouce et son index et aussitôt un sentiment d’apaisement la rassura.

C’est alors que l’œil de Louise se posa sur son collant. A nouveau, de ses doigts, elle se mit frénétiquement à picorer ses jambes. Devant un poil récalcitrant, de son ongle, elle gratta si fort, que la maille fila aussi vite qu’un train à grande vitesse ! Sur l’instant, elle aurait fait n’importe quoi pour retenir le cri qui s’échappait de sa gorge, ce qui le transforma en gargouillis monstrueux.

Louise n’arrivait plus à garder son calme. Elle sentait le feu lui bruler les joues, son cœur tambourinait dans sa poitrine et ses yeux roulaient de la porte d’entrée à ceux de la secrétaire, comme pour s’échapper plus vite que ce corps en panique. Comment pourrait-elle honorer son rendez-vous avec une échelle défigurant sa tenue qui se devait être si parfaite ?

D’un petit geste anodin, son culte de la perfection venait d’être annihilé et ses espoirs de travailler avec.

Elle quitta sa chaise, sans même un regard ou un mot d’excuse pour la femme qui la regardait partir, un rictus de satisfaction sur les lèvres.

Marla